Reda le plongeur

1er septembre 2017 – 15h 22

Reda circule près du fleuve, sans doute après un premier plongeon. Puis remonte à quelques dizaines de mètres et reprend sa maraude en scrutant l’eau, malgré le peu de lumière que le temps orageux lui ménage.

L’occasion se présente, il se jette en piqué.

Mais les conditions sont particulièrement difficiles : le plongeon n’est pas « récompensé » !
Reda  remonte le fleuve, puis reprend de l’altitude et part vers l’ouest pour poursuivre sa maraude…

Après les envols : sur le nid et hors-champ (2) – Le grand Épicéa

Nous  n’avons pas cessé de le rappeler : le nid n’est pour le Balbuzard pêcheur, comme d’ailleurs pour la plupart des oiseaux, qu’un lieu, ou qu’un « outil » au service de la reproduction. Dans les préliminaires ou vers la fin du cycle, nos rapaces utilisent différents perchoirs adaptés aux circonstances.
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Si nous évoquons souvent le « grand Épicéa« , c’est que la femelle Sylva lui a depuis longtemps attaché une importance particulière. Il bénéficie en effet de plusieurs qualités « stratégiques » :
Une hauteur exceptionnelle. Comme on le voit sur le beau dessin d’Alban Larousse, sa cime dépasse de plus d’une dizaine de mètres la « canopée » du Grand Bois, et dépasse le Séquoia support de l’aire des Balbuzards d’environ dix mètres : le Séquoia  culminant à 30 m environ, accordons 40 m à l’Épicéa. Cela lui permet d’être vu de beaucoup d’endroits, notamment du sud de la Loire. Mais aussi depuis certains espaces d’où nous pouvons l’observer, photographier son (ou ses) occupant(s), voire en faire des gros plans en digiscopie.
Et cela permet à ceux qui sont perchés à son sommet de surveiller les environs à 360° sans aucun obstacle visuel !
Une grande proximité du Séquoia. Une soixantaine de mètres seulement séparent les deux géants. Le sommet de l’Epicéa permet une surveillance « plongeante » de l’aire, et une intervention en cas d’urgence ne prend que quelques secondes.
Cette configuration est tout à fait exceptionnelle !
Un sommet assez plat. Des branches sommitales étaient accessibles, mais le séjour involontaire du jeune Vic en 2016 a conduit les adultes à esquisser une aire… double par apport de bois mort : le stationnement prolongé y est devenu plus confortable.
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Voici l’arbre vu du sol.
Et accompagné du portrait de certains de ses hôtes récurrents. Lors de leur squatt de 2012, les Chouettes hulottes avaient été observées  dans les frondaisons de cet Épicéa : le mâle y dormait, puis le mâle et la femelle, puis les deux petits.

Depuis, le plus proche des nichoirs installés à son pied reçoit la nidification, mais les branches de l’Épicéa continuent à servir de perchoirs annexes/refuges, notamment pour les adultes.

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Au passage : ne vous laissez pas abuser par certains propos folkloriques concernant un prétendu perchoir de Sylva sur un prétendu Épicéa qui serait dans le champ de la BalbuCam : il ne s’agit que d’une branche morte assez basse sur un pauvre Châtaignier visible à gauche du nid : rien à voir avec notre colosse qui est carrément de l’autre côté !

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Voilà, vous savez tout sur le grand Épicéa lui-même. Maintenant, refaisons un peu d’histoire récente :

  • Nous l’avons évoqué : en 2016, lorsque Vic prend un envol peu maîtrisé, il se récupère en se posant en haut de l’Épicéa. Ayant sans doute peur de repartir, il y reste presque une journée… Semant l’angoisse chez nos BalbuFans confrontés à un nid vide !
  •  Cette année, nouvelles angoisses concernant le non-retour de Titom, le partenaire de Sylva. Mais  le 29 après-midi, Sylva intercepte le jeune Reda ; et l’invite à un sage et long « côte à côte »… en haut de l’Épicéa ! Avant de l’accueillir enfin sur l’aire voisine : elle a utilisé cet arbre comme une antichambre, en quelque sorte.

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  • Sylva, depuis les envols de ses trois jeunes, a repris ses habitudes là haut. Nous l’y observons de façon récurrente : elle y passe actuellement plusieurs heures par jour, surveillant les vols de sa progéniture, les apports de poisson, les alertes etc.
    Elle s’installe toujours sur la partie droite du sommet : la plus proche du nid et la plus haute.

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Reda s’y réfugie aussi , mais moins souvent. Il occupe alors exclusivement l’autre partie, certainement aussi stabilisée avec du bois que l’on voit déborder par endroits. Nous avons rapporté qu’il utilisait parfois l’emplacement pour dépecer du poisson, comme on l’a vu le 2 juillet (ci-dessous) ; et nous pouvons présumer qu’il doit quelquefois y passer la nuit.

Par contre, à ce jour,  nous n’avons vu aucun des trois jeunes venir se poser sur l’un de ces emplacements, pourtant très accessibles et voyants. Comme si les adultes avaient émis une interdiction : « Place réservée aux parents » !

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Pas vraiment utile de rajouter d’autres vues qui seraient ressemblantes.  La BalbuCam est une fenêtre sur l’endroit-clé du cycle de reproduction ; les vues du sommet du grand Epicéa sont une lucarne sur le second point fixe le plus intéressant pour cette petite famille de rapaces, donnant une idée d’une partie de leurs occupations quand ils sont « hors-champ ».

 

Reste à observer le ciel, à être là pour y photographier les Balbuzards passants au bon moment, puis à les identifier pour autant que de possible : c’est un vrai sport + un art !

Et reste aussi  à observer la Loire : mais pour le moment, curieusement, les plongeons y sont encore très rares.
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A suivre !

 

 

 

 

 

Après les envols : sur le nid et hors-champ (1)

Les trois jeunes rapaces ont pris leur envol : Lény le 12 juillet, Kali le 15, et Jéry le 16.  Évidemment, depuis que cette étape a été franchie, l’aire des Balbuzards pêcheurs peut se retrouver à certains moments complètement désertée.  Mais qu’on se rassure : les jeunes ne sont pas prêts à disposer de leur autonomie alimentaire, et en attendant nous allons les revoir à chaque livraison de poisson. Et les séances de nourrissage promettent d’être chaudes, les adultes étant dépassés par l’avidité des rejetons parmi lesquels un ordre de préséance va s’établir rapidement !

En attendant, tenter une séance d’observation depuis le sol relève maintenant assez largement de la loterie. Ainsi, le 17 juillet au milieu de la matinée, Jéry,  qui n’a pris son envol que la veille en bon dernier de la portée se morfond seul sur l’aire : après un intermède « poisson », tous les autres ont déserté le nid.

Le jeune Balbuzard est cependant relativement actif. Il continue notamment ses exercices d’entraînement au vol, avec de fréquentes séquences de battements d’ailes « comme avant ». Histoire, peut-être, de se muscler pour pouvoir tenir bon en vol, en prévision d’escapades de plus en plus lointaines…

Sylva n’est pas loin sur son grand Epicéa : on peut juste l’y entrevoir à travers les frondaisons de la forêt :

Finalement, Jéry s’envole aussi  en laissant le nid désert.

 

Une semaine plus tard, le 23 juillet en l’occurrence, nouvelle tentative. Mais cette fois-ci vers 8h 15, juste après avoir vu sur BalbuCam l’apport d’un poisson par son fournisseur attitré, Reda. Il y a donc du mouvement, cette fois-ci. Sous le regard de Sylva, deux des jeunes sont sur le coup.  Le premier qui s’est servi, après s’être rassasié, laisse la place et s’en va.

Seul problème : le vent agite des branches et les pousse de façon aléatoire dans le champ de la digiscopie. Et beaucoup de prises de vues ne sont pas exploitables !

Après le repas, presque rituellement, nous avons droit à l’alerte intrusion. Reda n’est jamais bien loin, et avec Sylva c’est la grande scène des battements d’aile et cris perçants !

Voilà pour nos observations directes du nid  depuis l’extérieur.

A suivre : nos observations dans le ciel, et nos observations du Grand Épicéa.

Une heure d’un matin, le nid vu du sol…

7 juillet 2017 – 10h 30 – Le nid du Grand Bois est tranquille…

Sous l’œil distrait de Sylva, Lény et Jéry somnolent plus ou moins au fond du nid, tandis que Kali en équilibre sur le bord sud du nid contemple le vaste paysage.


Un passage, ou le départ de Reda de son perchoir ? L’attention se fixe, les jeunes s’ébrouent et sortent de leur somnolence. Tout le monde se retrouve au balcon…
Puis, pour se détendre, quelques exercices de battements d’ailes ne sont pas de trop…


Mais la chaleur tempère les exercices.  Alors Sylva propose une fois de plus l’ombre  protectrice de ses ailes déployées en parasol pour abriter au moins deux des jeunes…


Enfin le dénouement de cette attente : Reda fait sa livraison de poisson… et repart immédiatement.

Cette fois, c’est Jéry qui est le mieux placé pour avoir la priorité : Sylva le nourrit sous le regard patient des deux autres.  Pas de souci : il y en aura pour tout le monde !

 

Quand Reda sort un Hotu de l’eau

09/05/2017 –  11h 35 – Reda a pêché en Loire. Un joli petit Hotu tout frétillant, mais certainement interloqué de se retrouver privé de son milieu aquatique… Quelques minutes après, il s’extrait du Val et prend de l’altitude.


C’est ainsi, chez les Balbuzards : sortis de l’eau, ils  s’ébrouent pour se débarrasser du liquide qui alourdit leur plumage ; puis, en prenant de l’altitude, ils se débarrassent tant bien que mal des oiseaux harceleurs qui aimeraient bien leur soustraire leur proie ; ils entament alors une longue montée en spirale, en utilisant les courants ascendants. Ils montent juste assez haut pour que le retour à l’aire se fasse en direct, totalement en vol plané.
C’est dans cette phase de montée que nous l’apercevons, et que nous le photographions alors qu’il tourne au dessus de la prairie du Mont.

Mais par un beau concours de circonstances, Reda avait déjà été suivi et (très bien) photographié par un visiteur des bords de Loire, rive sud, qui désormais intervient sur notre Forum sous le pseudo de Chrisdef.


Revenons à la montée de Reda chargé au dessus de la prairie du Mont :

Dès que Reda a disparu derrière les frondaisons du Grand bois, nous observons le nid sur BalbuCam pour voir si Reda y débarque immédiatement. Mais non, il n’y a pas réapparu tout de suite. C’est donc qu’il est entrain de dégager la tête du poisson avant de le livrer à Sylva.

 

Livraison qui intervient juste avant midi.

Sylva récupère la proie avec son bec, puis l’accroche avec ses serres avant de quitter l’aire pour aller prendre son repas à l’extérieur.

Reda prend immédiatement le relais sur la couvée.

Voilà un moment des moments forts vécus sur le site BalbuCam, le seul où en plus des vues « En direct » du nid continues, on peut observer par moments ce qui se passe « hors-champ » !

12 mai 2017 : Sylva protège ses œufs de la grêle

L’orage s’est fait de plus en plus menaçant, puis soudain il éclate avec une pluie de grêlons aussi gros que des billes d’écoliers.

On observe Sylva étendue au fond du nid pour protéger courageusement sa portée… Mais l’orage provoque une coupure du courant électrique qui nous prive de la suite.

Le « En direct » ne propose plus qu’une courte séquence répétitive où l’on voit très étrangement Sylva lever la tête pour affronter la tempête de face…

11 Avril 2017 : Reda chasse l’intrus

11 avril 2017 – Reda est revenu depuis trois quarts d’heure seulement d’une pêche-éclair : en moins de dix minutes aller-retour, il a capturé un très gros poisson, l’a rapporté près de l’aire (voir notre article « 11 avril 2017 : Les détails d’une pêche éclair« ). Depuis, il en a déjà consommé  la tête.

Mais une alerte intervient, et c’est « poisson au pied » qu’il repart pour une poursuite au ciel qui va durer pas moins de trois quarts d’heure !


La première phase est une poursuite assez haute et relativement distante :

Puis Reda se rapproche par le haut et force son adversaire à tenter quelques esquives :

Arrivé au contact, on se rapproche du « corps à corps » :

Finalement, toujours en situation dominante, Reda « attaque » en esquissant toute une série de piqués successifs suivis de « ressources » (en aéronautique : remontée  brusque) ; le tout ressemblant à un « vol festonné » que l’on retrouve par ailleurs dans les parades de séduction.

L’intrus a fini par renoncer et a fui les lieux.

Reda rentre dans son domaine , ey au vu de toute l’énergie qu’il a déployée pour le défendre, on peut imaginer qu’un bon repas va suivre pour compenser…

11 avril 2017 : Les détails d’une pêche éclair

Ce matin là, Reda s’affirme comme un champion en bouclant sa pêche… en moins de 10 minutes !

Nous l’avons vu partir de l’aire du Grand Bois à 10h 40 .  Et nous étions là à son arrivée près de la Loire, ce qui nous a permis de  suivre toutes les étapes de son parcours : maraude, plongeon rapide, pêche d’un poisson très lourd et très difficile à extraire de l’eau. Puis montée et sortie du Val avec, dès l’extraction du fleuve, une épreuve classique : le harcèlement d’un Goéland leucophée particulièrement agressif.

Retour de Reda à 10h 49 au Grand Bois chargé de son méga-poisson, qui probablement n’est pas loin de peser aussi lourd que lui-même.

Voilà, 9 minutes en tout et pour tout pour ce cycle de pêche, c’est une performance exceptionnelle… facilitée évidemment par la faible distance entre le nid et la ressource de nourriture.

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Reda ne s’est pas posé sur le nid, mais sur une branche-perchoir où il commence à « attaquer » la tête avant de passer le poisson à sa compagne.

Cependant, quelques minutes plus tard, une « alerte-intrusion » le ramène sur la plateforme, dont il va redécoller immédiatement… sans avoir lâché sa proie : il va devoir porter sa lourde pêche pendant la grande poursuite aérienne qui s’ensuivra…

 

Hors du champ de BalbuCam

Le contexte de l’aire de BalbuCam à Mardié  est tout à fait exceptionnel, et certainement unique en France : l’aire est très proche de la Loire, et  lorsqu’un Balbuzard la quitte pour aller à la pêche ou monte au ciel pour une raison ou pour une autre, il a toutes les chances d’être pris en chasse photographique par un membre de l’équipe en veille sur son parcours ! Ainsi, en 2016, avons-nous pu offrir à nos visiteurs des scènes de plongeon et de prises des poissons vus par ailleurs à leur arrivée sur le nid ! Ou voir Vic posé sur le grand Epicéa après son premier envol. Sympa, non ?

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La Loire est-elle à nouveau propice à la pêche ?  Pas sûr ! En tout cas, nous n’avons pas encore vu de plongeon complet d’un de « nos » Balbus, juste des « maraudes » attentives.

La première que nous vous montrons date du1er avril après-midi, dans un ciel très gris. Sylva décolle brusquement comme pour repousser une intrusion, mais assez vite, elle traverse vers le fleuve. Titom n’est pas revenu, et l’attente devenant inquiétante, elle a rencontré et fixé un « remplaçant » pour assurer la reproduction. Son nouveau partenaire n’est là que depuis 24 h, sans doute estime-t-elle qu’il n’assure pas encore son « room service » de poissons…


Sans doute le jeune mâle O4 a-t-il été admis sur l’aire la veille au soir,  mais il y a encore une tension palpable. Et quand  peu après 18 h, il quitte l’aire, c’est pour aller se poser en haut du grand Épicéa, à quelques dizaines de mètres plus loin, et y rester assez longtemps, tourné vers la Loire…

Dimanche 2 avril – 8 h 45 : Le nouveau compagnon de Sylva a vite pris consciences de ses obligations, et maintenant va souvent à la pêche. Ce matin, il guette la proie juste au droit du Belvédère Genevoix , entre le Mont et l’île des Baffaits. Le ciel est limpide, la lumière basse n’écrase pas la scène. Belle occasion de décomposer ce type de vol stationnaire.

 

Bon, pas de doute, O4 est un B.G…  Et il a déjà du métier !

Balbuzards, le grand voyage… solitaire (suite 3) – Migration, hivernage et retour

Nous avons d’abord parlé des migrations aviaires en général. Puis nous avons suivi le périple  (raccourci) de Tom, seul Balbuzard pêcheur équipé de balise Argos en France.  Rentrons maintenant dans les détails sur les parcours migratoires de nos rapaces favoris. Détails résultant d’une somme d’observations et de statistiques recueillies depuis quelques décennies.

Nous en avons déjà beaucoup parlé : comme pour beaucoup d’espèces d’oiseaux nidifiant en Europe continentale, et sauf de rares exceptions, le Balbuzard pêcheur va passer l’hiver en Afrique pour y trouver un climat plus chaud. Grand migrateur au vol puissant, et moins dépendant des courants thermiques que d’autres, il ne suit pas un couloir de migration étroit, comme les Grues par exemple. Et il ne craint pas de traverser les mers et les déserts.

Les jeunes de l’année migrent eux aussi, à la fin août ou au début septembre. Les observations donnent des indications contradictoires : ils partent aussi bien avant qu’après les adultes. Mais ayant trouvé leur point de chute en Afrique, ils ne vont pas repartir au printemps : ils vont rester au moins un à deux ans de plus sur leurs sites d’hivernage avant de revenir en Europe. En principe, dans une certaine proximité de leur lieu de naissance.
Titom, qui s’est installé à Mardié, était né à Chambord : ce n’est pas la porte à côté… La réussite d’une certaine « dissémination » pourrait faire évoluer les choses.

 

Sur son parcours migratoire, le Balbuzard effectue des haltes sur des sites favorables (fleuves, étangs…), le plus souvent en solitaire. Parfois par paires, rarement à plus de trois. Il peut y séjourner durant quelques jours, voire quelques semaines. Mais lors des retours, les adultes sont peu enclins à perdre du temps en chemin, compte-tenu de la compétition à laquelle ils peuvent s’attendre pour la réappropriation des nids avec les nouvelles générations.

Les seuls rassemblements notables sont observés en zone d’hivernage, rarement plus d’une vingtaine d’individus.

 

Les migrations postnuptiales ont lieu à la fin de l’été. Quelques premiers déplacements peuvent intervenir dès juillet dans la moitié Nord de la France, mais 80% des oiseaux franchissent les Pyrénées entre la fin août et le début octobre, avec des pointes entre le 5 et le 15 septembre ; en Provence, le passage est le plus marqué lors de la première décade de septembre. A Gibraltar, la pointe se situe vers le 17 septembre.

 

Le vol battu étant beaucoup plus utilisé que chez la plupart des rapaces, notre migrateur est plus rapide que ces derniers. Pour autant, il peut utiliser les ascendances thermiques à l’occasion. D’autant qu’il vole essentiellement de jour, même si des suivis satellites ont confirmé qu’une partie de la migration s’effectuait de nuit, surtout lors des grandes étapes comme les déserts et la traversée de la Méditerranée. Des vols sont observés dès les premières heures du jour, et jusqu’au crépuscule : c’est le rapace à l’amplitude horaire la plus longue observé au passage des Pyrénées, même si le passage y est plus intense entre 12 et 14 h.

La vitesse moyenne mesurée avoisinerait les 50 km/h en vol mixte (glissé et battu) et 42 km/h en vol battu continu, le plus fréquent chez l’espèce Mais la traversée du Sahara s’effectuerait beaucoup plus vite, à une vitesse moyenne de 80 km/h.

Les trajets migratoires se resserrent sur la Méditerranée. La grande majorité des individus des populations de Grande Bretagne ou des pays nordiques qui traversent l’Europe de l’Ouest en direction de l’Afrique tropicale franchissent les Pyrénées avant de se diriger vers le détroit de Gibraltar. Les principaux sites de passage sont les cols du Transpyr (entre 200 et 300 individus par automne) et le défilé de Fort l’Ecluse (entre 100 et 150).

Au contraire, les oiseaux venant de Finlande et des pays de l’Est migrent vers le sud-est : les axes passant par l’Italie et la Sicile ou passant par la Corse et la Sardaigne sont donc empruntés par une proportion non négligeable d’oiseaux.
Le trajet emprunté lors de la migration prénuptiale est parfois différent de celui emprunté à l’automne. Une étude franco-espagnole a aussi montré que le Balbuzard avait une plus forte propension à migrer le long des côtes à l’automne (69 % des individus) qu’au printemps (39 %). Même si certains sont aussi très fidèles à leurs sites de halte migratoire.

En France, les Balbuzards migrent plus volontiers que d’autres rapaces en suivant le linéaire côtier. Un peu plus de la moitié des oiseaux franchissent les Pyrénées par leur partie occidentale, 43% par l’extrémité orientale, le reste par la partie centrale.

Nous avons vu que le seul oiseau né en France et muni d’une balise Argos est resté hiverner au Portugal. Cela atteste sans doute du fait que cette espèce ne répond pas à des comportements grégaires.

 

Les parcours sont longs. Dans les années 90, un spécimen bagué en Finlande avait été trouvé mort en Afrique du Sud, à plus de 10 000 km de son lieu de baguage ; mais en moyenne, les Balbuzards nidifiant dans les pays nordiques parcourent entre 6500 et 7000 km lors de leur migration.

Ils sont aussi plein de difficultés, plein d’embuches de toutes sortes que l’on peut imaginer facilement : électrocutions sur lignes H.T., plombs de chasseurs, filets de capture, phénomènes climatiques, épuisement ou maladies etc.  Nous n’avons pas de statistiques sur les taux de mortalité imputables aux parcours migratoires, mais ils ne sont pas négligeables ; en particulier en ce qui concerne les juvéniles : on dit que la moitié d’entre eux disparaissent dans leur première année.

 

La durée de la migration postnuptiale est beaucoup plus variable que celle de la prénuptiale : en moyenne 39 jours à l’automne (de 14 à 55) et 26 jours au printemps (de 21 à 33) ; le nombre moyen de jours de voyage proprement dit est semblable aux deux passages (25 à l’automne, 22 au printemps) : mais comme on l’a dit, les haltes sont moins longues au printemps.

La plupart des individus parcourent en moyenne 250 km par jour, mais un des oiseaux suivis était un vrai champion : 431 km par jour en moyenne, 14 jours de migration. Le record, déjà cité, n’est pas de lui : un autre a parcouru 954 km en une seule journée !

 L’arrivée dans les quartiers d’hiver a lieu fin septembre-début octobre. Les oiseaux montrent une fidélité assez marquée à leurs sites d’hivernage.

La population d’Europe du Nord, à laquelle se joignent logiquement les oiseaux nicheurs de France continentale, hiverne dans la région tropicale située entre le Sénégal et l’Ethiopie, surtout en Afrique occidentale, entre la Mauritanie, le Mali et le Gabon. Quelques oiseaux des pays nordiques peuvent pousser jusqu’au sud de l’équateur et de l’Afrique.
La population qui hiverne en Afrique de l’est et du sud proviendrait surtout des pays de l’est et peut-être du Moyen-Orient.

 

Les retours en migration prénuptiale sur les sites de nidification ont lieu de début mars à fin avril, voire jusqu’en mai. Plusieurs milliers de Balbuzards adultes vont traverser la France. Un comptage réalisé en avril 2004 sur l’ensemble du bassin de la Loire a permis d’estimer entre 200 et 300 le nombre d’individus en halte migratoire un jour donné.

En région Centre, en particulier dans le Loiret, les arrivées sur les sites ont lieu à partir de début mars et s’échelonnent principalement sur un mois. Les couples se reforment lorsque les deux adultes « titulaires » revenus se réapproprient leur aire… quitte à déloger un intrus, ou un intérimaire accepté par le premier arrivé des adultes.

Ceux qui nichent pour la première fois arrivent en moyenne un mois plus tard que les adultes expérimentés.
Mais ils n’ont pas forcément encore la maturité sexuelle suffisante. Et pour concrétiser leur projet de reproduction, ils devront trouver une aire et un(e) partenaire.
On observe alors leurs mouvements erratiques, ainsi que les perturbations que peuvent provoquer leurs intrusions sur des aires… dont les « propriétaires » ne sont pas prêts à se laisser faire .

(Données empruntées aux sites  migration.net, ornithondar et rapaces.lpo.fr – Photos J.-M. S)

 

Voilà : vous savez (presque) tout sur l’autre aventure des Balbuzards pêcheurs. Celle qui se déroule depuis septembre, et qui va prendre fin bientôt, d’ici deux mois : l’aventure de la migration, cet incroyable voyage solitaire, assez merveilleux, et qui restera toujours mystérieux … En tout cas qui échappera longtemps à la BalbuCam !