Saison 3 : Une grande série de rebondissements… Jusqu’à l’échec ! (2è partie)

Le 18 avril, il semblait donc acquis que « Pieds blancs », que nous allons surnommer Peb par la suite, était admis comme « mâle de substitution » par Sylva.

Un des marqueurs traditionnels : quand en présence de la femelle qui le laissa faire, Peb commença à « remuer du bois » sur les bords du nid…
Mais d’un autre côté, il y eut rapidement un problème. Pendant la période de reproduction, c’est au mâle de nourrir la femelle, c’est même la plus essentielle de ses obligations, surtout passée la période des accouplements.

Si la femelle est seule et doit s’absenter pour se nourrir, elle expose sa couvée aux fluctuations météorologiques et surtout aux prédations, particulièrement aux prédations aériennes (Corneilles, Autours, Aigles bottés etc.). Ce danger est minimisé ici du fait de la proximité de la Loire, mais reste très présent quand même.

Or dès le 18, Peb s’est présenté sur l’aire à plusieurs reprises chargé de poisson. Mais sans que la transmission se fasse. Au début, c’était ambigu : on pouvait se demander si l’attitude de Sylva n’était pas hostile et destinée à décourager Peb. Cependant on comprit bien vite qu’au contraire, elle tentait bien de prendre le poisson avec son bec, mais le mâle esquivait la prise immédiatement et repartait vite fait avec sa proie…

Ce comportement inapproprié donnera lieu plus tard à des disputes assez sévères.  En attendant, il a dû forcer la femelle à s’absenter à nouveau du nid, au risque d’offrir sa couvée à la prédation…

A nouveau le 20 avril vers 14h, Peb a débarqué avec une belle prise témoignant se son habileté à la pêche.
Il s’envole lorsque Sylva revendique sa part, mais revient en protecteur… se poser en recouvrant Sylva !

… Et il repart sans se préoccuper de la femelle !


Le lendemain, heureusement, Sylva réussit à s’approprier une proie que Peb a dépecée à côté d’elle.  Elle quitte le nid pour aller consommer ailleurs,  laissant sa couvée sous la garde du jeune mâle.

Peb n’a que trois ans et n’a sans doute jamais vu un œuf de sa vie.
On va alors assister à une scène absolument hilarante : les tentatives plus que maladroites du jeune pour rassembler les trois œufs précieux sous lui.

       

Il ne réussit finalement qu’à projeter un œuf à l’écart : Sylva le regroupera par la suite.

Malgré toutes ces maladresses de comportement, tout le monde espère une stabilisation de la situation avec Peb, lequel pourrait faire son apprentissage sous la houlette de Sylva, comme Reda semble l’avoir fait en mars 2017.
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Mais le 22 avril à 16h 24, un incroyable rebondissement intervient : voici que Reda, que l’on avait pu croire définitivement perdu, Reda est de retour sur le nid !

Peb est immédiatement chassé.

En reprenant sa place, Reda remet en cause l’équilibre salvateur qui se mettait en place.

Les rebondissements ne vont plus cesser d’intervenir dans les jours qui suivent !

A suivre

 

Saison 3 : Une grande série de rebondissements… Jusqu’à l’échec !

13 avril 2014 – Tout allait très bien jusqu’ici…

Comme on a pu le voir précédemment, les retours avaient été assez précoces ; les retrouvailles avaient déclenché les actions habituelles : rechargement du nid et préparation soignée de sa « coupe » ; les accouplements que nous avions vus promettaient des pontes bien fécondées ; le mâle assurait bien l’alimentation de sa compagne ; l’entente semblait parfaite entre les deux partenaires.
Les trois œufs avaient été pondus successivement aux dates prévisibles, le dernier ce jour même…

Tout laissait penser que l’on était partis pour une réussite semblable à celle de 2017 : trois jeunes à l’envol.

Vers 19h 18, on avait encore vu Reda venir « en défense » sur l’aire en appui de Sylva contre le passage d’un congénère sans doute trop insistant :

 

Mais dès le lendemain, on commença à relever l’absence de Reda sur l’aire où Sylva couvait seule la précieuse portée.
Pour autant, dès les premières heures du matin, Sylva n’était pas épargnée par les dérangements provenant de congénères.

Plus tard, on la vit même forcée à s’envoler un moment pour éloigner un indésirable, laissant brièvement ses trois œufs à découvert.

Ce que l’on ne pouvait pas prévoir, c’est que l’absence de Reda allait être particulièrement durable. Au début, nous l’avions rapprochée de celles de 2017 dont la plus longue avait duré un peu plus  de 40 heures. Le 15, on évoquait la possibilité que Reda ait pu rencontrer de grosses difficultés pour pêcher dans la Loire, ce qui aurait expliqué son absence.
Au constat de la prolongation de cette disparition sur plusieurs jours, nous avons fini par évoquer comme probable l’hypothèse d’un accident mortel, avec ses conséquences concernant l’issue de la reproduction.  Mais ce n’était qu’une hypothèse parmi d’autres, aucun indice ne nous étant parvenu de la présence éventuelle de Reda sur un autre nid ou en un autre lieu familier à l’espèce.

En réponse aux questions qui se multipliaient sur le forum, nous avons indiqué que la femelle ne pouvait pas tenir plus de trois jours sans s’alimenter et s’hydrater.  A défaut des apports de son compagnon mâle, il lui fallait soit quitter l’aire un certain temps en laissant sa couvée exposée aux prédations et aux intempéries, soit accepter un nouveau compagnon mâle disposé à satisfaire ses besoins. Certes, la couvaison était menacée, mais l’absence de mâle après les éclosions signerait une catastrophe inévitable.

 

On vit Sylva s’absenter 30 secondes, 8 minutes,  20 minutes, 6 minutes, puis… Avait-elle au moins eu le temps d’aller à la Loire pour se baigner, pour capturer un poisson et le consommer rapidement ? Il semblait bien parfois que son plumage était trempé à son retour, mais on n’en savait pas plus…

 

On assista dans le même temps à l’arrivée auprès de Sylva de candidats à la succession. Le plus assidu et le plus insistant était un jeune, voire immature,  non bagué, désigné comme « Pieds blancs », puis « Peb ».  Solitaire erratique, nous l’avions observé posé sur les grands Peupliers du Mont :

Dès le 15, il tournait sans arrêt dans le secteur, passant et repassant près de l’aire ;  et se présentait de plus en plus sur l’aire elle-même, souvent avec un reste de poisson. Ce qui provoquait à chaque fois les cris de protestation de la femelle, voire sa « mise en défense »…

Le 17 avril, nous tentions d’interpréter ainsi la situation :

« Après trois jours d’absence de son compagnon mâle Reda, la situation devient critique pour Sylva et pour la reproduction sur l’aire du Grand Bois. (…)

  • Reda a très probablement été victime d’un accident (fil de pêche avec hameçon lors d’une pêche, combat mortel avec un autre rapace, braconnage, électrocution, grillage… Les risques de mortalité sont nombreux.).
  • Sylva va devoir abandonner le nid avec sa portée pour aller s’alimenter : les risques de prédation, notamment par les Corneilles, sont alors très élevés même si la proximité de la Loire raccourcit potentiellement l’absence.
  •  A moins qu’entretemps, « pieds blancs », qui d’après Alban semble bien être un jeune mâle, ne revienne vite avec une offre de poisson acceptée… Mais l’attitude de Sylva les jours précédents ne permet pas d’envisager cette hypothèse comme très probable.
    Si un « remplaçant »  était accepté  dans les heures qui viennent et prenait en charge l’alimentation de Sylva, les chances de poursuite et de réussite de la couvaison pourraient être « miraculeusement » préservées.
  • En cas de destruction des pontes, l’hypothèse d’une couvée de substitution est improbable, vue la tardiveté dans la saison. Sa réussite nécessiterait en outre la conjonction favorable de beaucoup de conditions.
  • Dans cette situation, on verrait très probablement Sylva, redevenue autonome, rester près de l’aire pour ne pas s’en faire déposséder. Et rechercher un nouveau compagnon, puis valider sa présence sur les lieux, en prévision de la saison suivante. Le rechargement du nid en bois mort étant en général le signe de la « titularisation » du nouveau partenaire. »

Cette « titularisation » de Peb prit un moment . Il faut dire qu’il devait poser un problème sérieux à la femelle : souvent chargé d’une proie, non seulement il ne la proposait pas à Sylva, mais il refusait même de lui céder lorsqu’elle se jetait dessus, visiblement affamée.

Mais le 18 à l’ouverture du direct, il semblait bien que la cause était entendue : le jeune Peb était installé sur le nid à côté de Sylva qui couvait. Et on pouvait croire au « miracle » d’un remplacement réussi, et espérer à la suite une belle série d’éclosions émouvantes…

A suivre

Peb, gardien temporaire de l’aire du Grand bois

19 mai – Au surlendemain de l’accident présumé de Sylva, et au lendemain de l’abandon de sa couvaison, c’est Peb,  le « mâle de substitution » qui est présent sur l’aire une bonne partie de la journée. D’abord sur le nid lui-même  à l’ouverture du « En direct » :

Puis il monte au perchoir de l’aire, et sur l’image de la BalbuCam, on ne voit plus que son ombre projetée.

Nous pouvons en profiter pour « tirer le portrait » du nouveau partenaire de Sylva, si comme on le pense et l’espère, celle-ci continue à occuper l’aire en prévision d’une Saison 4 mieux réussie…

Voici donc quelques digiscopies réalisées depuis le P0 dans l’étroit couloir de vue qui permet des observations certes directes, mais néanmoins très distantes.

Quelque temps après, le rapace scrute le ciel, comme s’il attendait une arrivée…

La BalbuCam va bientôt enregistrer la tentative d’intrusion d’un congénère bagué rouge-orange au tarse droit :

 

Saison 3 : Après la reformation du couple, avant les trois pontes de 2018

Cette vidéo présente la synthèse des préparatifs effectués par le couple Sylva/Reda après ses retrouvailles.

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Les pontes se sont succédées à partir du 7 avril  :

10 avril :

13 avril :Bon, on ne les voit pas forcément très bien ici… Même si la BalbuCam s’est rapprochée du nid pour une vision plus proche.

En vidéo, bientôt, cela devrait être meilleur !