Tous les articles par Jean-Marie Salomon

Vic, comme sa mère…

Ce n’est plus le déluge, mais ce sont des averses orageuses qui reviennent tous les jours, à un moment ou à un autre…
Alors Vic se met à l’abri sous sa mère… ou au moins planque sa tête à sous les ailes de celle-ci…

 

 

 

… jusqu’à ce qu’un rayon de soleil apparaisse.

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Sylva se lève, s’ébroue, et bat des ailes vigoureusement pour se débarrasser de toute cette maudite flotte !


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Puis prend son vol et quitte le nid..

.Alors Vic fait comme sa mère : à trois ou quatre reprises il bat de ses ailes vigoureuses…


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Vic est grand, comme sa mère !

Trop grand, trop drôle, notre Vic !

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Oui, c’est Vic…
Vic comme diminutif de Victoire : c’est le surnom que nous avons retenu pour l’aîné des poussins, le seul des trois ayant survécu au terrible déluge qui s’est abattu début juin sur le Loiret.

Victoire de l’instinct de survie, du plus résistant de la nature sauvage sur les éléments aveugles quand ils se déchaînent…
Victoire de Sylva et Titom qui ont courageusement « assuré » pendant l’épreuve pour sauver au moins le moins vulnérable de leurs petits.

Mais aussi, pour nous permettre de suivre « en direct » cette résistance, Victoire de toute l’équipe de MARDIEVAL qui a réussi un véritable exploit : ouvrir sur le net ce site de direct naturaliste, le premier en France, en quinze mois et avec des moyens dérisoires au regard de réalisations équivalentes ; en associant cerveaux et muscles, technologies avancées et travaux participatifs ; dans une discrétion médiatique totale, sans aucune aide institutionnelle ; en surmontant des obstacles, attendus comme inattendus, de tous ordres ; pour être prêts deux jours avant l’arrivée du premier de nos migrateurs ; et trouver en retour le public enthousiaste qu’elle attendait, vous : en moins de trois mois, nous avons échangé avec 460 commentaires – pas un seul négatif – tandis que 31 000 visiteurs uniques ouvraient 131 000 sessions et regardaient 283 000 pages !

Et enfin, Victoire future de nos luttes pour la préservation et la valorisation de la biodiversité. Ici d’abord, partout ailleurs si nous pouvons y contribuer.
Pour ceux qui l’ignoreraient, l’aire de Titom et Sylva est menacée directement par un projet routier débile conçu il y a vingt ans, inutile et ruineux, avec un pont sur la Loire qui détruirait un paysage ligérien incomparable, une biodiversité exceptionnelle, et un sous-sol parcouru de courants karstiques alimentant la rivière Loiret. Un vrai crime environnemental que nous ne laisserons jamais faire (il y a au moins trois fois plus d’opposants que de partisans, et cent fois plus d’arguments et de raisons de le refuser que de l’accepter…).
Si les choses s’aggravaient, nous ferions appel à vous tous pour appuyer notre résistance.

La Victoire, in fine, c’est l’issue d’une résistance, avec une sortie tournée non pas vers le passé, mais au contraire vers un avenir que nous voulons dix fois meilleur : totalement respectueux des hommes et de leur diversité, enfin vraiment participatif en ce qui concerne les gouvernances ; cent fois plus respectueux de la planète, comme tout le monde le dit maintenant (sauf Donald)… mais pas comme tout le monde le fait ; totalement respectueux de l’environnement et de la nature sauvage (ou au moins de ce qu’il en reste) (et de la nature moins sauvage), et de sa biodiversité, garante de la survie de notre espèce prédatrice.

 

En attendant, avec ses contorsions clownesques, ses « je fais comme papa-maman » et ses « je regarde partout », ses airs conquérants, ses battements d’ailes et même ses premières tentatives d’envol, ses gavages incessants et ses incroyables défécations, avec ses petits cassages de gueule, Vic nous fait mourir de rire !

Vic Vic Vic, hourra !

« Ne dormir que d’un œil » !

Cette expression française, « ne dormir que d’un œil », que tout un chacun prend pour une image sans réalité concrète, ne trouve sa parfaite consécration que lorsqu’on voit somnoler un Balbuzard pêcheur.

En effet, Titom, comme ses congénères, peut « dormir » sur une seule patte et en plein vent… tout en ayant un par moments œil ouvert et l’autre fermé, ou les deux fermés, ou les deux ouverts pour une ou quelques secondes.

 

Le seul équivalent que je connaisse dans le genre humain est l’ornithologue à l’affût d’une aire de Balbuzards pêcheurs : il peut s’écouler tellement de temps sans qu’il ne se passe rien, que la somnolence s’empare imparablement de l’observateur… qui ne veut pas néanmoins rater l’instant furtif et précieux pour lequel il aura sacrifié des heures.

Il est donc condamné lui-même à… ne dormir que d’un œil !

18 mai : Retour sur la première éclosion

Nous voyons le petit grandir littéralement « à vue d’œil », mais c’est aussi un bonheur de le revoir apparaître ce matin du 18 mai, sortant du dessous de Sylva. La tête dressée, ballotante, il s’agite sous l’œil attentif de sa mère… qui tente de le faire rentrer sous elle, pour qu’il soit bien au chaud entre les deux œufs restants.

Puis Titom apporte du poisson : Sylva procède elle-même au premier nourrissage, en arrachant de minuscules morceaux du poisson…
Quand on voit maintenant comme il se goinfre…

Un régal !

 

Vidéo montée et titrée par Sébastien Colas

Déjà grand, ce petit…

Acquis ou inné ? Le vieux débat sur l’apprentissage des enfants réapparaît lorsque nous assistons à la croissance-éclair du poussin d’hier.

Avant même que nous ayons pu en faire un jeu de découverte, vous avez observé avec nous une série de nouveaux comportements de notre jeune Balbuzard :
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  • Depuis trois jours, il déplace des débris végétaux, voire des morceaux de bois, dans son bec.
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    Ce comportement ne répondant à aucune nécessité objective immédiate , il semble bien que ce soit de la pure imitation.
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  • Depuis hier, on le voit faire de véritables « toilettes » de son plumage naissant.

    Il y a là un besoin qui va s’affirmer avec la mise en place des plumages successifs… et qui se retrouve d’ailleurs pratiquement chez tous les oiseaux.
    Donc plutôt inné.
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  • Il se déplace de plus en plus dans le nid.
  • Ce matin, mardi 7 juin, il a commencé à monter sur le bord du nid, découvrant le paysage mais aussi se montrant sans doute à d’éventuels observateurs depuis le sol…

    Là, il y a certainement le développement d’une fonction de mobilité innée, mais l’exemple des parents sans cesse en observation et en mouvement vient sans doute l’appuyer en développant la curiosité du petit.
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  • Et, pour mémoire, depuis un bon moment, il ne rate plus aucune des défécations « par-dessus-bord » déjà évoquées…Certainement inné, puisque cela vient très vite après l’éclosion.

Deux remarques subsidiaires pour répondre à des questions répétées :

  • En particulier le matin quand les ombres sont encore longues et orientées est/ouest, on peut vérifier grâce à elles qu’un adulte est sur le perchoir de l’aire, situé « hors champ » sur la droite de l’image.
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  • Dès qu’il y a du soleil, l’adulte qui est sur le nid, principalement Sylva, se positionne pour faire de l’ombre au jeune. Si le soleil frappe fort, il va étendre ses ailes pour faire « parasol ».

Comme promis… Jusqu’à la nuit !

Ça y est, dès ce soir, la vision « En direct » de la BalbuCam sera prolongée jusqu’à 22 heures, comme nous nos y étions engagés.

Ce progrès est rendu possible grâce à un perfectionnement technique imaginé par Jérôme, notre sorcier informatique, qui va permettre de réduire le flux vidéo transmis par la 4G. Perfectionnement qui a été mis en place hier soir :

Pour cela, il a fallu installer un second nano-ordinateur dans l’abri technique.

Merci qui ?
Merci Jérôme !

Cette amélioration a aussi été rendue possible par vos dons généreux qui nous ont donné quelques « marges de manœuvre », permettant notamment de financer les temps supplémentaires d’utilisation de la 4G.

Merci qui ?

Merci aux nombreux donateurs…

La catastrophe naturelle a frappé deux fois

Le déluge qui a noyé le département du Loiret, ses villages avec leurs habitants, ses routes et autoroutes, ses maisons, ses champs… a tout autant frappé les milieux naturels et leurs innombrables habitants, visibles et invisibles. Les dégâts sont énormes pour la faune sauvage, les reproductions en cours sont détruites en grand nombre.

Mais cela ne fera pas les grands titres des médias. Ça ne coûtera pas grand chose à notre Économie nationale, ni d’ailleurs à nos petites économies.

Sur l’aire de Balbuzards de Mardié – que de plus en plus de personnes suivent avec attention et passion – malgré la protection obstinée qu’a assuré la femelle Sylva sur sa nichée, malgré l’approvisionnement régulier apporté par le mâle Titom dans les pires conditions de pêche, les deux plus jeunes poussins n’ont pas pu résister à trop d’eau, à trop de froid, à trop de fatigue.

Entre constat de la violence des averses et certitude de leur persistance sur plusieurs jours, beaucoup d’entre nous ont compris assez tôt que la lutte courageuse des adultes ne suffirait pas à les sauver.

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Le 2 juin, peu avant 9 h, Sylva s’est écartée du nid, et on a pu constater que le second poussin, qui paraissait déjà très faible la veille, ne faisait plus aucun mouvement : l’aîné restait seul à s’agiter.

Il est donc le seul jeune survivant de ce long épisode d’averses ininterrompues pendant plusieurs jours. Épisode hors norme, plus de trois mois de précipitations en quelques dizaines d’heures, record depuis des temps oubliés…

Beaucoup d’entre vous ont apporté des commentaires ou ont posé des questions auxquelles nous nous sommes efforcés de répondre avec le plus de clarté possible. Mais nous partageons avec vous ce suivi direct presque intégral pour la première fois, et énormément de choses nous échappent dans les comportements de ces héroïques oiseaux sauvages, surtout dans ce genre de situation critique qui bouscule les routines familières.

Nous invitons ceux qui se posent encore des questions à parcourir les commentaires de l’article précédent, ils y trouveront à peu près tout ce que l’on peut dire sur cet épisode … difficile.

Et quelques réflexions « philosophiques » sur les rapports de notre société humaine avec ces terribles aventures animales qui se déroulent… si près de nous !

 

Sombre journée…

Mercredi 31 mai : alors que le jour s’est éveillé péniblement dans une ambiance crépusculaire, le martellement incessant d’une averse qui ne s’est pas interrompue depuis des dizaines d’heures noie les bruits habituels de la forêt.

Quand l’écran noir veut bien laisser la place à l’image, Sylva ruisselante est encore couchée sur sa portée : même image que celle qui, la veille, ne s’est interrompue brièvement que trois ou quatre fois pour des nourrissages rapides.

Peu après 9h 30, Titom la rejoint, elle se lève et ils bougent. L’occasion d’entrevoir furtivement un des poussins prostré au fond du nid, très immobile alors que les deux autres s’agitent. De quoi soulever une inquiétude…

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Cette inquiétude se transforme par la suite en conviction, puis en certitude lors du nourrissage après 14h : un des poussins est mort.

Sans doute le plus jeune : plus faible que ses aînés pour résister au froid et à l’humidité ; moins nourri que les deux autres qui imposaient leur avidité lors des nourrissages ; bousculé par le grand parfois brutal, peut-être étouffé dans la mêlée sous le corps des adultes.

Voilà, la vie sauvage n’est pas une affaire de « bisounours » : elle offre de merveilleux moments, mais la mort guette sous différentes formes, toujours prête à enlever les plus faibles…

Jeu de la photo-mystère : réponse et gagnant

D’abord la réponse :

Les Balbuzards pêcheurs, à l’instar d’autres rapaces, éjectent vigoureusement leurs excréments de leur cloaque en basculant leur corps pour que le jet passe « par dessus bord » : ainsi le nid reste toujours propre…

Très tôt, les poussins adoptent le même comportement. Au début, leur jet n’est pas assez puissant pour réussir à franchir les bords du nid. Mais depuis peu, on a pu voir l’aîné des poussins y réussir.

Sur la photo-mystère, on pouvait le visualiser de façon démonstrative : un trait blanc vertical dont la trajectoire prouve que la manœuvre est réussie !

 

Le gagnant :

Dès 7h 09, Marc Esnault a été le premier à répondre avec la bonne réponse ! Bravo Marc !

Comme promis, voici la magnifique récompense :

Tous les diplômes (il y en aura d’autres…) seront remis en main propre lors de la deuxième BalbuFête (s’il y en a une…).

Au total, il y aura eu 21 réponses, dont 5 exactes.
Mais bientôt, à force d’observer, vous saurez tout sur « l’éthologie » du Balbuzard pêcheur, et nous n’aurons plus matière à renouveler le jeu de la photo-mystère ?

Post-scriptum : deux autres jets en diaporama :

Quel talent !