Quand le poisson change de main… Ou de pied, plutôt 😉

Hors de la période de reproduction, les Balbuzards pêcheurs sont parfaitement autonomes : chacun se nourrit individuellement, qu’il soit mâle ou femelle, jeune ou adulte. Mais dès le retour de la migration hivernale, c’est le mâle qui doit seul assurer l’approvisionnement en poissons du couple, puis de la famille. En commençant, chaque année, par refaire devant sa compagne la preuve de sa capacité – voire de ses talents – en la matière.

Pas de souci pour Titom : il s’en tire toujours très bien… Et il bénéficie en plus de la proximité exceptionnelle de la Loire.

Certains d’entre vous ont donc pu s’étonner de voir arriver des poissons déjà largement entamés. Et surtout, ils ont pu penser qu’il y avait souvent des disputes entre Sylva et Titom pour s’approprier la nourriture, en dépit de l’indispensable solidarité de couple.

Il n’en est rien, chacun de ces faits a une explication.
Le diaporama qui suit montre comment le poisson change de pied… en passant par le bec !

Quand la serre d’une morphologie très spéciale d’un Balbuzard se referme sur le poisson, il se produit une sorte d’effet « hameçon » pour que la proie ne s’échappe pas. Le partenaire qui doit le récupérer doit donc tirer énergiquement avec son bec pour « libérer » le morceau, avant de le reprendre dans l’une de ses propres serres. La brutalité de la scène peut prêter à confusion…

La tête du poisson n’en est pas forcément le meilleur morceau : les plaques osseuses des joues sont souvent les seuls restes que l’on trouve au pied d’un nid de Balbuzard. Surtout s’il s’agit d’une grosse prise, c’est pour exonérer la femelle d’avoir à le faire que le mâle consomme la tête – et parfois aussi les viscères – sur un perchoir extérieur avant d’apporter le poisson décapité, « nettoyé », à la femelle sur l’aire.

Lorsqu’il y aura nourrissage des poussins (patience, encore une grande semaine ou dix jours…), cela sera encore plus flagrant : la femelle ne leur proposera que des petits morceaux prélevés sur les filets, ce qui implique ce nettoyage préalable.

Pour revenir sur la bonne entente de Titom et Ssylva, voici une scène plutôt exceptionnelle : le mâle nourrit sa compagne qui reste couchée sur sa couvaison… Touchant, non ?

« Machos », prenez-en de la graine ?

15 réflexions sur “ Quand le poisson change de main… Ou de pied, plutôt 😉 ”

  1. On ne se trouve pas souvent au bon moment quand on se branche sur la caméra. C’est un peu frustrant. Aussi vos extraits de film et vos commentaires sont les bienvenus….pour voir ce qui se passe quand on n’est pas là et pour comprendre ce qui s’y passe. De plus, vous le faites avec humour, ce qui n’est pas négligeable. Merci pour tout cela. Titom et Sylva commencent à faire partie de la famille

  2. Merci pour ces explications ; j’ai pu constater aussi que les poissons ne sont pas consommés sur le nid, mais emportés un peu plus loin (sans bien distinguer) dans le décor sur une branche, qui semble être un point de passage. Est ce bien le cas?
    En tout cas bravo pour toutes ces images en live.
    Tib

    1. Pour la plupart des oiseaux, le nid est uniquement consacré à la reproduction. Tout ce qui n’y est pas dédié peut se passer en dehors. Classiquement, les Balbuzards pêcheurs utilisent des perchoirs extérieurs pour dormir ou consommer. Ceux-ci sont moins hauts et donc moins exposés que le nid. Depuis leur arrivée, et comme les années précédentes, Sylva et Titom utilisent bien principalement une branche qui se situe à gauche de la partie supérieure du nid sur notre image.

  3. Je viens de tomber à l’instant sur un relais de couvaison. Magnifique ! Titom montrait bien ses bagues si bien que l’on pouvait savoir qui passe le relais à qui. Est-ce qu’il y a une autre astuce pour les distinguer ?
    Bravo pour ce travail remarquable. Vivement le 21 mai !

    1. Comme nous l’avons déjà indiqué :
      Le mâle Titom est bien identifiable par une bague orange au tarse gauche (et alu au droit). Mais aussi sa calotte frontale est assez sombre, et le bandeau sombre qui vient sur ses yeux est plutôt large. Il est assez silencieux (sauf en présence d’intrus), et c’est lui qui assure l’apport de poissons pendant toute la période de reproduction.
      La femelle Sylva n’est pas baguée. Plus volumineuse, son bec est plus long. Elle ne porte sur le front qu’un « v » peu marqué, son plastron est clair et son bandeau plus étroit ménage un espace blanc avec les yeux.
      Beaucoup plus expressive, elle émet des cris aigus à l’adresse de son compagnon, notamment pour lui réclamer de la nourriture.
      A noter que les attributs de plumage dans ce couple sont plutôt inversées par rapport à la normale.

  4. Mercredi 17 mai, je vais faire un petit tour du côté du nid pour voir comment va Sylva et j’assiste en direct au partage du poisson que vient d’apporter Titom. Puis Titom qui prend la place de Sylva sur la couvaison pour la laisser manger tranquillement sur le bord du nid avant de s’envoler à nouveau. Un moment fantastique, merci de me permettre de vivre cela en direct : j’attends la naissance avec impatience.

  5. Ce matin 18 mai à 9h20, j’ai vu une toute petite tête de balbu pointée son bec, magique !
    Je suis accro à ce site depuis le début, c’est un rendez-vous plusieurs fois par jour.

  6. Il est plein d’énergie et était affamé hier soir, notre poussin(:
    Qui choisit les noms des poussins après l’éclosion ?
    Comment allez-vous l’appeler?…Avez-vous une liste de noms préparée à l’avance en prévision des éclosions ?
    (Sur le calendrier, le 18 Mai, on fête les « Éric » et les « Cora » !)

    C’est touchant, ce mâle qui nourrit sa femelle (:

  7. Aujourd’hui 20 mai 8h43 j’ai vu un deuxième BB balbu bien vigoureux . Sylva s’est lévée pour vérifier ce qui se passait sous elle mais ça faisait plusieurs fois qu’elle se figeait en regardant vers le bas !

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