Quand Reda sort un Hotu de l’eau

09/05/2017 – 11h 35 – Reda a pêché en Loire. Un joli petit Hotu tout frétillant, mais certainement interloqué de se retrouver privé de son milieu aquatique… Quelques minutes après, il s’extrait du Val et prend de l’altitude.


C’est ainsi, chez les Balbuzards : sortis de l’eau, ils s’ébrouent pour se débarrasser du liquide qui alourdit leur plumage ; puis, en prenant de l’altitude, ils se débarrassent tant bien que mal des oiseaux harceleurs qui aimeraient bien leur soustraire leur proie ; ils entament alors une longue montée en spirale, en utilisant les courants ascendants. Ils montent juste assez haut pour que le retour à l’aire se fasse en direct, totalement en vol plané.
C’est dans cette phase de montée que nous l’apercevons, et que nous le photographions alors qu’il tourne au dessus de la prairie du Mont.

Mais par un beau concours de circonstances, Reda avait déjà été suivi et (très bien) photographié par un visiteur des bords de Loire, rive sud, qui désormais intervient sur notre Forum sous le pseudo de Chrisdef.


Revenons à la montée de Reda chargé au dessus de la prairie du Mont :

Dès que Reda a disparu derrière les frondaisons du Grand bois, nous observons le nid sur BalbuCam pour voir si Reda y débarque immédiatement. Mais non, il n’y a pas réapparu tout de suite. C’est donc qu’il est entrain de dégager la tête du poisson avant de le livrer à Sylva.

 

Livraison qui intervient juste avant midi.

Sylva récupère la proie avec son bec, puis l’accroche avec ses serres avant de quitter l’aire pour aller prendre son repas à l’extérieur.

Reda prend immédiatement le relais sur la couvée.

Voilà un moment des moments forts vécus sur le site BalbuCam, le seul où en plus des vues « En direct » du nid continues, on peut observer par moments ce qui se passe « hors-champ » !

11 avril 2017 : Les détails d’une pêche éclair

Ce matin là, Reda s’affirme comme un champion en bouclant sa pêche… en moins de 10 minutes !

Nous l’avons vu partir de l’aire du Grand Bois à 10h 40 . Et nous étions là à son arrivée près de la Loire, ce qui nous a permis de suivre toutes les étapes de son parcours : maraude, plongeon rapide, pêche d’un poisson très lourd et très difficile à extraire de l’eau. Puis montée et sortie du Val avec, dès l’extraction du fleuve, une épreuve classique : le harcèlement d’un Goéland leucophée particulièrement agressif.

Retour de Reda à 10h 49 au Grand Bois chargé de son méga-poisson, qui probablement n’est pas loin de peser aussi lourd que lui-même.

Voilà, 9 minutes en tout et pour tout pour ce cycle de pêche, c’est une performance exceptionnelle… facilitée évidemment par la faible distance entre le nid et la ressource de nourriture.

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Reda ne s’est pas posé sur le nid, mais sur une branche-perchoir où il commence à « attaquer » la tête avant de passer le poisson à sa compagne.

Cependant, quelques minutes plus tard, une « alerte-intrusion » le ramène sur la plateforme, dont il va redécoller immédiatement… sans avoir lâché sa proie : il va devoir porter sa lourde pêche pendant la grande poursuite aérienne qui s’ensuivra…

 

Les trois jours du Circaète

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Chers Balbucamés, en attendant de nouvelles vidéos ou de nouveaux articles concernant la saison 2016 que nous ne voudrions pas oublier, nous vous proposons de faire connaissance d’un autre rapace migrateur rare, le Circaète Jean-le-Blanc. Et ce, en partageant le dernier article de notre blog Loire & biodiversité Sachant que le format des photos sera plus grand ici que sur le blog, Blog que nous vous conseillons de suivre en vous abonnant à sa newsletter – à moins que cela ne soit déjà fait.

24 /09/2016 – 15h 15

Rendez-vous rituel, attendu avec impatience : comme chaque année après l’été, après le départ des Balbuzards pêcheurs, et très certainement entre la fin de son cycle de reproduction et son départ en migration, le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) que nous avons surnommé Circalat revient chasser au-dessus de la plaine du Mont, et se poser par moments sur la cime des grands Peupliers, au fond de la prairie du Mont…

Le Circaète est économe d’énergie : il sort de préférence aux heures chaudes, lorsque l’ensoleillement du sol ou du fleuve crée des « ascendants » porteurs. Cela lui permet de longs vols planés pendant lesquels il n’utilise que sa queue déployée comme gouverne.

Dès que sa vue perçante détecte un reptile, il passe en mode « vol stationnaire » qui lui, par contre, demande un battement d’aile régulier et rapide : s’il se prolonge, il devient exigeant en énergie.
Ce « vol du saint esprit« , comme on le surnomme, est incroyablement stable, même quand il y a du vent, et peut durer plusieurs minutes. Ce rapace est d’ailleurs le seul que j’aie pu photographier en « digiscopie », procédé qui demande un certain délai de préparation avant de pouvoir prendre le premier cliché… et que le sujet ne change pas de place pour les suivantes !
110831-15serrDigiscopie du 31 août 2011
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Les Corneilles prennent un malin plaisir, en profitant de ces périodes d’immobilité absolue, à venir s’attaquer aux Circas. Pendant le long quart d’heure que Circalat passera ce jour-là au dessus du Mont, il sera harcelé plusieurs minutes par un de ces corvidés qui semblait bien décidé à perturber son battement d’ailes…Mais le rapace a toujours gardé sa stricte immobilité, et visiblement il n’a décroché que lorsqu’il a dû renoncer à la proie qu’il observait.

Le 26, Circalat revient presque à la même heure. Mais même s’il ne reste que quelques minutes dans notre champ de vision, la séance est très excitante : d’abord il arrive de l’ouest avec un second individu (sa compagne, son rejeton ?) ; celui-ci reste éloigné et disparaît assez vite vers l’est ; mais Circalat lui-même me survole assez bas, à 20 ou 30 mètres : avoir ce magnifique oiseau presque plein-champ dans son viseur est un moment rare, presque indescriptible.

Le 27, peu avant 15 heures, Circalat est de retour au rendez-vous aérien, toujours en provenance de l’ouest. Mais après quelques circonvolutions, et sans s’être mis en pause stationnaire, il disparaît au bout de deux minutes du côté des bois.

Téléobjectif monté sur tripode, je m’avance sur la prairie, à couvert quand c’est possible, pour agrandir mon champ de vision : mais plus rien, trop tard ! Surprise, une ombre arrivée dans mon dos me survole ; et un très gros oiseau se pose… à sa place habituelle, sur une branche en boucle en haut d’un peuplier du fond de la prairie. Depuis cet affût, Circalat peut surveiller un chemin de terre où les passages des couleuvres doivent être particulièrement visibles, et il lui est arrivé d’y rester des dizaines de minutes consécutives, voire d’y revenir plusieurs fois.de suite.

Plus près de l’arbre-support, partiellement caché par l’ombre d’un noyer, et sans la risque de flou, fréquent lorsqu’on tient un 600 mm à bout de bras, je peux ainsi prendre une bonne série de photos assez rapprochées… presque autant que les digiscopies des années précédentes.

Ce retour récurrent, année après année depuis 2011, soit six ans, du même Circaète atteste de la présence d’un couple reproducteur à proximité du Grand Bois.

Mais, pas plus que la Bondrée apivore – que nous avons encore vue il y a quelques jours – , le Circaète Jean-le-Blanc ne figure dans « la liste » maudite :celle des oiseaux protégés pour lesquels le Conseil Départemental va demander auConseil National de la Protection de la Nature (CNPN) des dérogations pour pouvoir les détruire. 

Tout cela afin de faire passer le goudron d’une déviation routière inutile et destructrice de près de 30m de large…

Nous vous en reparlerons, car l’aire de Balbuzards et sa BalbuCam sont…dans le collimateur.
De beaux nids-surprises de dernière minute seraient-ils encore à attendre ?

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Titom or not Titom ? Et Vic ?

Mardi 6 septembre, 19h 30 : une séance d’observations depuis notre petit « Belvédère Genevoix » au Mont se termine. Pas grand chose à voir, le cortège habituel des sédentaires, mais pas un seul canard. Peu de migrateurs. A croire qu’avec un étiage à nouveau sévère, la pollution aux hydrocarbures de décembre dernier aurait réapparu et dissuaderait certaines espèces de venir y tremper leurs becs !

C’est toujours quand on vient de replier le matériel et de s’en charger qu’il se passe quelque chose ! On repose en catastrophe, et le temps de réarmer le téléobjectif, le Balbuzard est arrivé en face et passe en vol battu, rapide. Rien d’une maraude de pêcheur, il ne jette même pas un coup d’œil sur l’eau…
Six photos en tout, heureusement relativement nettes, avant qu’il ne disparaisse derrière un Peuplier noir en filant vers l’ouest.

 

Que disent ces photos ?

D’abord une tête qui nous parle : tout à fait le profil familier de Titom, avec un bandeau noir plutôt épais et droit ; le bec court d’un mâle.

Quoi d’autre ? Sur les cinq photos exploitables, seul le tarse droit est visible. On devine une bague alu « muséum », dont la patte de fixation ressort plusieurs fois en contre-jour. Mais on ne voit pas la bague plastique du tarse gauche, présumée orange.

Bon, Titom n’est pas le seul à porter la bague alu au tarse droit, certes. Mais, dans un contexte où on n’a pas vu un Balbu depuis des jours, la probabilité pour que ce soit lui est forte. Un migrateur venu d’ailleurs ne ferait sans doute pas un tel déplacement, il serait en recherche de poisson… ou en vol nord/sud.

Nous en faisons le pari : alors que nous pensions les trois Balbuzards de Mardié partis en migration, au moins un d’entre eux tourne encore dans le secteur…

Mercredi 7 septembre, 17h 30 :
Même motif, même punition ! Alors que je quitte mon belvédère, un Balbu vient de l’ouest, sauf que lui tourne, descend comme s’il allait plonger, remonte… Revient, disparaît, revient… Scrute l’eau…

 

… Et finalement part lui aussi vers l’ouest.

Un peu plus tard, depuis le coteau, on le verra « grimper au ciel » très très haut, au point de flirter avec les Airbus qui déchirent le ciel de leurs traces blanches.

Alors, après Titom, ce Balbu non bagué ne serait-il pas Vic, par hasard ? Vous rendez-vous compte, quel coup de théâtre ce serait !

Ce plumage très régulier pourrait être celui d’un jeune, même si l’on ne distingue pas vraiment de plumage « écaillé » sur les photos où on voit le dos.
Mais il y a quelque chose qui ne colle pas : le bandeau noir qui arrive aux yeux est ici énorme, et droit. Celui de Vic était épais, mais beaucoup moins. et présentait de profil une sorte d’angle à 90° en son milieu.

Nous n’avons pas encore le diagnostic de Maître Alban, mais nous disons : non, ce n’est pas Vic !

Toujours de l’incertitude, voire du mystère… Fermez le ban !

 

Fidèles Balbucamés, quelques infos…

Depuis quelques jours, à part un passage furtif de Titom, plus personne sur le nid des Balbuzards chéris des Balbucamés ! (Si, une mésange, lundi juste après 8h…). Nous comprenons leur commentaires désespérés, mais qui sait… Car ils ne sont pas loin, les bougres !

En effet, les jours derniers, l’Épicéa a reçu des visites récurrentes, surtout les matins et parfois en fin des après-midis : c’est souvent Sylva qui y est restée longuement, mais Titom est venu souvent la rejoindre. Il faut avouer que Vic ne se montre plus beaucoup. Plus du tout. On l’entendait bien encore « couiner » il y a quelques jours, mais plus maintenant.

Sur cette photo, prise ce matin à 8h 30, notre couple attend très tranquillement… Quoique Sylva torde le cou assez souvent, comme si elle attendait quelqu’un dans le ciel.

Cette photo mérite un commentaire et une remarque :
– Elle a été prise à… plus de 600 mètres de distance ! Un exemple des incroyables performances que l’on peut obtenir avec la technique de « digiscopie ».
– Et qu’y voit-on, en dehors de nos oiseaux ? Eh bien vous l’aviez tout de suite remarqué : le haut de l’Epicéa, tout hérissé de branchouilles molles lors de l’envol de Vic le 12 juillet, est devenu progressivement une aire, une amorce de nid chargé de bois sur lequel nos Balbus peuvent stationner sans fatigue, voire bouger… Voire manger, ou donner à manger à Vic : qui sait, on ne peut pas tout observer…

Pourvu qu’ils n’aient pas l’idée d’y déménager pour 2017 : nous serions tous « marrons », comme on dit !

Et puis voici une seconde photo prise sur la Loire hier peu après 18h : Titom s’était soigneusement planqué derrière un grand Peuplier noir pour plonger, et volait vers Saint-Aignan au nord. Je suis remonté en vitesse du Belvédère, mais n’ai pas vu l’oiseau sortir sur le coteau pour aller au grand Bois. Où s’était-il arrêté ?
Qui sait, Vic l’attendait peut-être sur la rive pour un « fast food »… ?

Hors-champ (A suivre…)

Puisque nous allons parler du « hors-champ », une courte parenthèse concernant la sanglante actualité : nous devons le même respect et le même amour à l’espèce humaine qu’aux autres espèces animales. Mais force nous est de reconnaître une fois de plus que notre espèce prétendument « intelligente » est sans doute la seule sur la planète dont les individus s’en prennent avec régularité et avec obstination à leurs semblables, en en massacrant aveuglément par dizaines, ou en leur faisant des guerres désastreuses et interminables dont les victimes se chiffrent parfois par millions.
La seule aussi à détruire irréversiblement l’environnement dont elle (comme le reste de la biodiversité) a un besoin vital, pour la seule satisfaction de ses jouissances à court terme.

Respecter, résister et défendre inconditionnellement la Nature, la préserver pour le long terme, c’est aussi être véritablement « humaniste »…

 

 

 

Revenons à nos moutons… à nos Balbus !

Il nous faut le redire : les oiseaux n’ont pas de « maison ».
Leurs nids ne sont que des instruments utilisés temporairement pour la reproduction.

Avant le début du cycle, l’aire des Balbuzards pêcheurs est le lieu des retrouvailles ; et le nid appelle chaque année, quoi qu’il arrive, des aménagements supplémentaires, des surélévations, avec des matériaux apportés de l’extérieur.

Et quand la reproduction a abouti, c’est à dire quand les jeunes sont tous à l’envol, il est progressivement délaissé : il servira encore pendant un moment de dépôt-relais pour les livraisons de la FNAC de poissons, tant que ces jeunes ne seront pas totalement autonomes pour leur alimentation.

Même s’ils sont capables de dépecer eux-mêmes les proies, ils peuvent encore accepter que Sylva leur donne la becquée au nid. C’est le cas cet après-midi du samedi 16 juillet vers 17h.

Désormais, la plupart des rendez-vous visibles sur le nid seront donc « alimentaires ».

Pauvres BalbuCamés : vous allez être en manque !
Vous allez devoir « redescendre » !

Car le monde est vaste autour des petits mètres-carrés de la plateforme que vous avez scrutés jour après jour ! Et dans cette vastitude, il y a ce que l’on voit, et ce que l’on ne voit pas…

Habituellement, sur d’autres sites, on ne voit quasiment rien : au mieux, un, deux ou trois perchoirs « annexes », des branches dégagées sur des arbres morts en général, sur lesquels nos oiseaux vont se tenir… par moments. C’est tout !

Tandis qu’ici, nous pouvons par moments observer, pour vous en parler et pour vous le montrer :

  • Le fameux sommet de l’Épicéa qui est le nouveau lieu de rendez-vous et lieu de vie à la mode pour nos trois amis.
  • Le vaste ciel qui surplombe l’aire, l’Épicéa, la plaine qui les relie au fleuve et la Loire
  • La Loire de Jargeau au virage de Bou.

Vous avez donc énormément de chance !-)

Première information, qui ne vous surprendra pas : Il y a fréquemment un, deux ou trois de nos Balbus posés en haut de l’Épicéa… ou volant autour : c’est devenu un point névralgique que nous appellerons pour simplifier « l’observatoire ».

Ainsi, le 15 juillet vers 8h du matin, voici ce que l’on peut observer de ce côté là pendant trois minutes : un petit ballet qui commence avec Titom qui dégage prestement pour laisser sa place à Vic, puis continue dans une certaine confusion avec chacun qui cherche à trouver sa place…

 

Bref, à son ouverture, le spectacle n’est plus derrière la caméra, mais à cinquante mètres de là !

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Lundi 18 juillet – 7h 30

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises : la cime de l’observatoire est déserte, mais à bien scruter l’Épicéa, on peut découvrir Vic qui s’abrite à deux étages en dessous dans les frondaisons !

Puis il s’envole, fait un petit tour, et revient se poser encore deux étages en dessous…

 

Vous le voyez, les choses se compliquent !

Et là, nous n’avons évoqué que les perchoirs annexes visibles.
Restent à observer :

– Le ciel :
Là aussi, il se passe plein de choses. Ainsi, hier, après que Sylva ait « alerté » sur le nid pour l’arrivée d’un intrus, nous l’avons retrouvée dans le ciel en poursuite de l’intrus, puis rejointe par Titom.
Après le départ de l’intrus, le couple a entamé une grande ascension coordonnée vers… le soleil !

– Le fleuve :
Ayant retrouvé un flux à peu près « normal », la Loire est redevenue le lieu de pêche privilégié. Pour autant,les passages de Titom ou ses prises devant nous sont beaucoup moins fréquents qu’ils ne l’étaient les années précédentes. Deux explications à cela : la présence d’un seul jeune à nourrir, alors qu’il y en en avait trois ou deux, d’une part ; la présence d’une importante bande de Goélands leucophées – des jeunes de l’année aussi agressifs que leurs anciens – qui incitent notre pêcheur à se détourner du secteur.

Néanmoins, nous avons des images récentes de plongeon de Titom « récompensé », que vous verrez bientôt.

A suivre…