Puisque nous allons parler du « hors-champ », une courte parenthèse concernant la sanglante actualité : nous devons le même respect et le même amour à l’espèce humaine qu’aux autres espèces animales. Mais force nous est de reconnaître une fois de plus que notre espèce prétendument « intelligente » est sans doute la seule sur la planète dont les individus s’en prennent avec régularité et avec obstination à leurs semblables, en en massacrant aveuglément par dizaines, ou en leur faisant des guerres désastreuses et interminables dont les victimes se chiffrent parfois par millions.
La seule aussi à détruire irréversiblement l’environnement dont elle (comme le reste de la biodiversité) a un besoin vital, pour la seule satisfaction de ses jouissances à court terme.
Respecter, résister et défendre inconditionnellement la Nature, la préserver pour le long terme, c’est aussi être véritablement « humaniste »…
Revenons à nos moutons… à nos Balbus !
Il nous faut le redire : les oiseaux n’ont pas de « maison ».
Leurs nids ne sont que des instruments utilisés temporairement pour la reproduction.
Avant le début du cycle, l’aire des Balbuzards pêcheurs est le lieu des retrouvailles ; et le nid appelle chaque année, quoi qu’il arrive, des aménagements supplémentaires, des surélévations, avec des matériaux apportés de l’extérieur.
Et quand la reproduction a abouti, c’est à dire quand les jeunes sont tous à l’envol, il est progressivement délaissé : il servira encore pendant un moment de dépôt-relais pour les livraisons de la FNAC de poissons, tant que ces jeunes ne seront pas totalement autonomes pour leur alimentation.
Même s’ils sont capables de dépecer eux-mêmes les proies, ils peuvent encore accepter que Sylva leur donne la becquée au nid. C’est le cas cet après-midi du samedi 16 juillet vers 17h.
Désormais, la plupart des rendez-vous visibles sur le nid seront donc « alimentaires ».
Pauvres BalbuCamés : vous allez être en manque !
Vous allez devoir « redescendre » !
Car le monde est vaste autour des petits mètres-carrés de la plateforme que vous avez scrutés jour après jour ! Et dans cette vastitude, il y a ce que l’on voit, et ce que l’on ne voit pas…
Habituellement, sur d’autres sites, on ne voit quasiment rien : au mieux, un, deux ou trois perchoirs « annexes », des branches dégagées sur des arbres morts en général, sur lesquels nos oiseaux vont se tenir… par moments. C’est tout !
Tandis qu’ici, nous pouvons par moments observer, pour vous en parler et pour vous le montrer :
- Le fameux sommet de l’Épicéa qui est le nouveau lieu de rendez-vous et lieu de vie à la mode pour nos trois amis.
- Le vaste ciel qui surplombe l’aire, l’Épicéa, la plaine qui les relie au fleuve et la Loire
- La Loire de Jargeau au virage de Bou.
Vous avez donc énormément de chance !-)
Première information, qui ne vous surprendra pas : Il y a fréquemment un, deux ou trois de nos Balbus posés en haut de l’Épicéa… ou volant autour : c’est devenu un point névralgique que nous appellerons pour simplifier « l’observatoire ».
Ainsi, le 15 juillet vers 8h du matin, voici ce que l’on peut observer de ce côté là pendant trois minutes : un petit ballet qui commence avec Titom qui dégage prestement pour laisser sa place à Vic, puis continue dans une certaine confusion avec chacun qui cherche à trouver sa place…
Bref, à son ouverture, le spectacle n’est plus derrière la caméra, mais à cinquante mètres de là !
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Lundi 18 juillet – 7h 30
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises : la cime de l’observatoire est déserte, mais à bien scruter l’Épicéa, on peut découvrir Vic qui s’abrite à deux étages en dessous dans les frondaisons !
Puis il s’envole, fait un petit tour, et revient se poser encore deux étages en dessous…
Vous le voyez, les choses se compliquent !
Et là, nous n’avons évoqué que les perchoirs annexes visibles.
Restent à observer :
– Le ciel :
Là aussi, il se passe plein de choses. Ainsi, hier, après que Sylva ait « alerté » sur le nid pour l’arrivée d’un intrus, nous l’avons retrouvée dans le ciel en poursuite de l’intrus, puis rejointe par Titom.
Après le départ de l’intrus, le couple a entamé une grande ascension coordonnée vers… le soleil !
– Le fleuve :
Ayant retrouvé un flux à peu près « normal », la Loire est redevenue le lieu de pêche privilégié. Pour autant,les passages de Titom ou ses prises devant nous sont beaucoup moins fréquents qu’ils ne l’étaient les années précédentes. Deux explications à cela : la présence d’un seul jeune à nourrir, alors qu’il y en en avait trois ou deux, d’une part ; la présence d’une importante bande de Goélands leucophées – des jeunes de l’année aussi agressifs que leurs anciens – qui incitent notre pêcheur à se détourner du secteur.
Néanmoins, nous avons des images récentes de plongeon de Titom « récompensé », que vous verrez bientôt.
A suivre…