Saison 3 : Une grande série de rebondissements… Jusqu’à l’échec !

13 avril 2014 – Tout allait très bien jusqu’ici…

Comme on a pu le voir précédemment, les retours avaient été assez précoces ; les retrouvailles avaient déclenché les actions habituelles : rechargement du nid et préparation soignée de sa « coupe » ; les accouplements que nous avions vus promettaient des pontes bien fécondées ; le mâle assurait bien l’alimentation de sa compagne ; l’entente semblait parfaite entre les deux partenaires.
Les trois œufs avaient été pondus successivement aux dates prévisibles, le dernier ce jour même…

Tout laissait penser que l’on était partis pour une réussite semblable à celle de 2017 : trois jeunes à l’envol.

Vers 19h 18, on avait encore vu Reda venir « en défense » sur l’aire en appui de Sylva contre le passage d’un congénère sans doute trop insistant :

 

Mais dès le lendemain, on commença à relever l’absence de Reda sur l’aire où Sylva couvait seule la précieuse portée.
Pour autant, dès les premières heures du matin, Sylva n’était pas épargnée par les dérangements provenant de congénères.

Plus tard, on la vit même forcée à s’envoler un moment pour éloigner un indésirable, laissant brièvement ses trois œufs à découvert.

Ce que l’on ne pouvait pas prévoir, c’est que l’absence de Reda allait être particulièrement durable. Au début, nous l’avions rapprochée de celles de 2017 dont la plus longue avait duré un peu plus  de 40 heures. Le 15, on évoquait la possibilité que Reda ait pu rencontrer de grosses difficultés pour pêcher dans la Loire, ce qui aurait expliqué son absence.
Au constat de la prolongation de cette disparition sur plusieurs jours, nous avons fini par évoquer comme probable l’hypothèse d’un accident mortel, avec ses conséquences concernant l’issue de la reproduction.  Mais ce n’était qu’une hypothèse parmi d’autres, aucun indice ne nous étant parvenu de la présence éventuelle de Reda sur un autre nid ou en un autre lieu familier à l’espèce.

En réponse aux questions qui se multipliaient sur le forum, nous avons indiqué que la femelle ne pouvait pas tenir plus de trois jours sans s’alimenter et s’hydrater.  A défaut des apports de son compagnon mâle, il lui fallait soit quitter l’aire un certain temps en laissant sa couvée exposée aux prédations et aux intempéries, soit accepter un nouveau compagnon mâle disposé à satisfaire ses besoins. Certes, la couvaison était menacée, mais l’absence de mâle après les éclosions signerait une catastrophe inévitable.

 

On vit Sylva s’absenter 30 secondes, 8 minutes,  20 minutes, 6 minutes, puis… Avait-elle au moins eu le temps d’aller à la Loire pour se baigner, pour capturer un poisson et le consommer rapidement ? Il semblait bien parfois que son plumage était trempé à son retour, mais on n’en savait pas plus…

 

On assista dans le même temps à l’arrivée auprès de Sylva de candidats à la succession. Le plus assidu et le plus insistant était un jeune, voire immature,  non bagué, désigné comme « Pieds blancs », puis « Peb ».  Solitaire erratique, nous l’avions observé posé sur les grands Peupliers du Mont :

Dès le 15, il tournait sans arrêt dans le secteur, passant et repassant près de l’aire ;  et se présentait de plus en plus sur l’aire elle-même, souvent avec un reste de poisson. Ce qui provoquait à chaque fois les cris de protestation de la femelle, voire sa « mise en défense »…

Le 17 avril, nous tentions d’interpréter ainsi la situation :

« Après trois jours d’absence de son compagnon mâle Reda, la situation devient critique pour Sylva et pour la reproduction sur l’aire du Grand Bois. (…)

  • Reda a très probablement été victime d’un accident (fil de pêche avec hameçon lors d’une pêche, combat mortel avec un autre rapace, braconnage, électrocution, grillage… Les risques de mortalité sont nombreux.).
  • Sylva va devoir abandonner le nid avec sa portée pour aller s’alimenter : les risques de prédation, notamment par les Corneilles, sont alors très élevés même si la proximité de la Loire raccourcit potentiellement l’absence.
  •  A moins qu’entretemps, « pieds blancs », qui d’après Alban semble bien être un jeune mâle, ne revienne vite avec une offre de poisson acceptée… Mais l’attitude de Sylva les jours précédents ne permet pas d’envisager cette hypothèse comme très probable.
    Si un « remplaçant »  était accepté  dans les heures qui viennent et prenait en charge l’alimentation de Sylva, les chances de poursuite et de réussite de la couvaison pourraient être « miraculeusement » préservées.
  • En cas de destruction des pontes, l’hypothèse d’une couvée de substitution est improbable, vue la tardiveté dans la saison. Sa réussite nécessiterait en outre la conjonction favorable de beaucoup de conditions.
  • Dans cette situation, on verrait très probablement Sylva, redevenue autonome, rester près de l’aire pour ne pas s’en faire déposséder. Et rechercher un nouveau compagnon, puis valider sa présence sur les lieux, en prévision de la saison suivante. Le rechargement du nid en bois mort étant en général le signe de la « titularisation » du nouveau partenaire. »

Cette « titularisation » de Peb prit un moment . Il faut dire qu’il devait poser un problème sérieux à la femelle : souvent chargé d’une proie, non seulement il ne la proposait pas à Sylva, mais il refusait même de lui céder lorsqu’elle se jetait dessus, visiblement affamée.

Mais le 18 à l’ouverture du direct, il semblait bien que la cause était entendue : le jeune Peb était installé sur le nid à côté de Sylva qui couvait. Et on pouvait croire au « miracle » d’un remplacement réussi, et espérer à la suite une belle série d’éclosions émouvantes…

A suivre

3 réflexions au sujet de « Saison 3 : Une grande série de rebondissements… Jusqu’à l’échec ! »

  1. Saison éprouvante pour Sylva qui a su gérer la situation jusqu’à l’épuisement,et qui a su rebondir! Reda, pour une raison qui nous est inconnue, n’ayant pas assumé jusqu’au bout son rôle, l’échec était prévisible!
    Reda est à nouveau bien présent , Espoir pour la prochaine saison!

  2. Ce fut une période compliquée pour Sylva notre héroïne, qui a géré au mieux toutes ces difficultés.
    Le grand responsable de cet échec est Reda qui a disparu au cours de cette période indispensable à sa présence.
    Le couple s’est reformé, il faut espérer que Reda tienne bien sa place maintenant.

  3. Merci pour ce résumé Jean-Marie.
    C’est vrai que pendant un moment j’ai cru à la disparition tragique de Reda et à son remplacement par Peb…
    La nature fait à sa guise et nous surprend toujours…

Les commentaires sont fermés.