Adieu Titom – Bonne chance Reda !

Une page se tourne dans l’aventure BalbuCam.

Il faut s’y résigner : nos chances de revoir Titom, le mâle « titulaire » du couple de notre aire, sont désormais extrêmement faibles.

Cette absence met fin à plusieurs années de « familiarité » et de stabilité d’un duo harmonieux qui s’était formé sur la plateforme pendant l’été 2012. En 2013, Titom avait rejoint le 22 avril la femelle Sylva présente depuis le 19 sur l’aire. Mais il n’avait pas la maturité sexuelle et était encore très maladroit dans ses tentatives d’accouplement, et la reproduction avait échoué.  De retour les 22 et 23 mars 2014, tout s’était passé à la perfection, et nous avions eu le plaisir d’observer trois jeunes à l’envol. Retrouvailles en 2015 le 7 avril , deux jours après le retour de Sylva, et nouvelle reproduction réussie pour deux jeunes à l’envol.  Pour la première année de direct BalbuCam en 2016, en arrivant le 21 mars, Titom avait précédé sa compagne de deux jours. Avec trois éclosions, tout était bien parti , mais on s’en souvient : un aléa climatique désastreux vécu par des milliers d’entre vous avait décimé la portée, et le couple avait élevé le seul survivant, surnommé Vic,  jusqu’à son départ en migration.

Qu’est-il arrivé à Titom ?

Nous ne le saurons probablement jamais.

Mais plus vraisemblablement un « accident vital » qu’une installation « ailleurs » évoquée par certains : même si la « fidélité » attribuée aux Balbuzards pêcheurs s’avère être plutôt une fidélité à l’aire de reproduction qu’à son partenaire,  l’abandon du ou de la partenaire (et de l’aire commune) est inhabituel pour l’espèce, et dans ce cas plutôt inexpliqué.

Puisque la disparition présumée de Titom a eu lieu pendant son épisode migratoire, rappelons ce que nous avons écrit dans un des articles du Blog concernant les parcours migratoires :
« Ils sont aussi plein de difficultés, plein d’embuches de toutes sortes que l’on peut imaginer facilement : électrocutions sur des lignes H.T., plombs de chasseurs, filets de capture, phénomènes climatiques, épuisement ou maladies etc.
Nous n’avons pas de statistiques sur les taux de mortalité imputables aux parcours migratoires, mais ils ne sont pas négligeables ; en particulier en ce qui concerne les juvéniles : on dit que la moitié d’entre eux disparaissent dans leur première année.  »

Rappelons aussi qu’en 2011, seule la femelle ayant généré deux jeunes en 2010 était revenue sur l’aire et avait vainement attendu son partenaire, avant d’abandonner la plateforme à divers postulants rivaux.

 

Titom, un mâle  Balbuzard « modèle » !

S’il fallait attribuer à notre « héros » des qualités propres à notre univers humain, on n’utiliserait a priori que des adjectifs flatteurs :
Titom était un très bel oiseau, à la fois calme et déterminé, sûr de lui mais discret et attentionné envers sa compagne comme envers sa progéniture. Nous n’avons pas souvenir de l’avoir pris en défaut avec des comportements inappropriés – querelleurs, violents, « égoïstes », indifférents…

Avec Sylva, une entente parfaite :

Cependant le plus important, c’est qu’il assumait pleinement et efficacement les responsabilités attribuées aux mâles dans l’espèce :
féconder sa compagne en tant que de besoin ; assurer pendant toute la reproduction l’approvisionnement de toute la famille en poissons, quelques soient les conditions de pêche et les quantités à fournir ; participer à l’apport de matériaux sur l’aire, et renforcer le nid ; assurer la protection de l’aire et de ses habitants.
En plus, non seulement il partageait amplement les couvaisons avec Sylva, mais nous avons plusieurs fois été surpris de le voir assurer le nourrissage des petits, seul ou en partage avec la femelle à qui cette tâche est en principe dévolue.

Quelques images d’archives :

Des apports de poissons :
Des apports de matériaux pour renforcer le nid :

 

 

Voilà, beaucoup garderont une certaine nostalgie de Titom.
Mais Sylva  a  peut-être pressenti  ce qui arrivait. Elle a choisi un successeur à son compagnon.

Il a déjà fait ses preuves : ardent, bon pêcheur, bon défenseur…  Il sera digne de son prédécesseur.

Nous le surnommerons désormais Reda .

Place à la belle histoire de Sylva et de Reda !

14 réflexions au sujet de « Adieu Titom – Bonne chance Reda ! »

  1. Bonjour à tous et en particulier à l’équipe très pro pour les images (prouesses technologiques extraordinaires !). Les commentaires sont particulièrement instructifs pour les néophytes, merci pour cela aussi.
    Cela fait deux ans maintenant que j’admire le mode de vie de ces superbes oiseaux et l’émotion est souvent au rendez-vous.
    Mais ne nous laissons pas tenter par une interprétation « sentimentale humaine » de la Nature et ses événements.
    J’attends les réactions de Reda (Ader, pionnier de l’aviation, à l’envers ??) et Sylva : espérons une descendance dans les meilleures conditions possibles. A bientôt

  2. Oui, Titom était un balbu modèle et assumait son rôle de chef de famille de façon exemplaire. Il m’a étonnée plus d’une fois et j’avais de l’admiration pour ce bel oiseau. Merci pour le magnifique reportage que vous lui consacrez… La vie continue et un nouvel acteur a pris sa place… J’espère qu’il sera aussi attentionné que Titom l’était auprès de Sylva et ses poussins… Hier, Reda a fait une belle démonstration de ce qu’il était capable de faire et son attitude m’a bluffée. J’avoue qu’à son arrivée sur l’aire fin mars, j’étais un peu déçue de le voir aussi égoïste et maladroit et puis il est devenu motivé et responsable de jour en jour. Son exploit d’hier m’a fait changer d’avis. Bravo Reda !
    Encore merci à vous et à toute votre équipe pour le travail merveilleux que vous faites afin de nous permettre de comprendre et d’admirer cette belle aventure. Nous ne sommes pas des scientifiques, des spécialistes ou des ornithologues mais de simples amoureux de la faune sauvage, même si le mot ‘amoureux’ n’est pas approprié à la vie sauvage !!!

    1. Ni l’un, ni l’autre : ce serait plutôt « Ré »da si l’on voulait rester proche du prénom arabe dont ce surnom est sans doute inspiré. Mais peut-être que la couleur plus rouge qu’orange de la bague portée par l’oiseau a aussi guidé ce choix, qui sait ? Ah, les accents qui changent ou disparaissent lorsqu’on passe les frontières, voilà un vrai problème pour la mondialisation et pour les migrateurs…

  3. Oui, adieu Titom. Sniff ! Bonjour Reda. Je souhaite à ce bien joli nouveau couple longue vie et une nombreuse descendance. Merci pour ces magnifiques photos.

  4. Bienvenue à REDA, mais nous sommes vraiment tristes pour TITOM, que dieu te protége petit bonhomme, nous aurons été fiers de toi. Et si par malheur il t’est arrivé un accident, nous aurons une pensée pour toi tout au long de cette nouvelle aventure… Bonne chance à REDA et SYLVA.

  5. Merci pour tout. Vos commentaires, vos explications sur leur vie, votre émotion me mettent la larme à l’oeil. Je suis si émue de la vie de Titom, c’est vraiment fort cette proximité. Où est il qu’est il devenu, ces questions sont là et me troublent tant.
    Belle vie à Sylva et à son nouveau compagnon Reda.
    Pascale

  6. Merci pour ce beau reportage sur Titom et vos explications…
    Tout ceci est bien triste mais les lois de la nature sont malheureusement ainsi faites. La migration est, quand on y pense, une « sacrée » aventure!

  7. Anthropomorphisme ou pas, qu’importe, il est certain que je garde une certaine nostalgie de Titom.
    L’an dernier, j’ai découvert ce couple d’oiseaux et leur aventure a été un vrai régal pour les yeux.
    Merci Jean Marie pour cet article. Vous lui rendez un bel hommage (si tant est que ce terme convienne puisqu’il s’agit d’un oiseau, qui plus est : sauvage).
    Désolée, mais c’est ce que je pense et j’espère vraiment que la cause de son non-retour n’est pas due aux plombs d’un chasseur.
    Merci aussi pour toutes ces belles photos.

    Revenons au présent : O4 se prénomme désormais Reda.
    Aucune objection, peu importe le pourquoi et le comment de ce choix, c’est le vôtre et c’est très bien comme ça.

  8. Triste pour Titom, il est vrai « papa » exemplaire et très protecteur, mais les difficultés et les dangers de la migration ont peut-être eu raison de son retour vers Sylva. Alors nous souhaitons une pleine réussite au nouveau couple Sylva et Reda, avec une couvaison et des naissances réussies pour notre plus grande joie avec de bonnes conditions météo.

  9. Il faut se garder de trop d’anthropomorphisme, on y laisserait vite des morceaux de son cœur !!! Vive la nouvelle famille !!!

  10. Adieu Titom, tu as été un vrai balbuzard. Que Reda soit comme toi! C’est ce que nous pouvons souhaiter de mieux!
    signé un habitant du bord de Loire qui t’a surement vu.

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